Un voyage à Boston pour explorer les promesses et les dangers de l’IA

Tout juste rentrée de Boston, une délégation romande ramène les dernières tendances en matière d’intelligence artificielle, après avoir écouté plusieurs conférenciers qui font autorité en la matière. Associé UDITIS, Thierry Linder était du voyage.

 

A quel point l’Intelligence artificielle (IA) fait-elle partie de notre monde ? Comment influence-t-elle déjà l’économie à tous niveaux? C’était le thème d’un récent voyage au Swissnex de Boston (USA) organisé par la Chambre neuchâteloise du Commerce et de l’Industrie (CNCI) et auquel une vingtaine de décideurs romands ont participé. Durant ces quatre journées, plusieurs intervenants (chercheurs, entrepreneurs, hommes de loi) sont venus présenter un état de la situation de l’IA. « Je ne pensais pas que l’intelligence artificielle était déjà si omniprésente et si mature », remarque Thierry Linder, associé UDITIS qui faisait partie de la délégation.

Les conférenciers n’ont pas éludé les problématiques sous-tendues par l’implémentation de l’intelligence artificielle dans tous les secteurs de l’économie. L’enthousiasme de Thierry Linder pour l’IA reste néanmoins intact.

« Le cadre est posé : l’IA est là, elle s’installe et nous ne sommes pas prêts pour la gestion de ses effets collatéraux. De grandes question éthiques et des problèmes de société vont donc rapidement se présenter, qu’il faudra traiter en priorité ».

Diverses visions éthiques

L’éthique, on ne semble pas s’en préoccuper partout de la même manière au moment de mettre en œuvre l’intelligence artificielle. « Aux USA, on expérimente d’entrée l’IA et on corrige ensuite les éventuels problèmes. En Asie, l’IA est considérée comme un moyen de garder le contrôle sur les populations, on ne s’encombre donc pas de questions éthiques. En Europe, par contre, on ne tente rien en IA sans avoir auparavant discuté et réglé la problématique de l’Humain. Cela me semble la voie la plus sage », estime Thierry Linder.

Aussi, la Loi doit suivre le mouvement et s’adapter pour donner un cadre clair à l’IA dans nos sociétés. C’est notamment important en cas de responsabilité. « Quand l’IA prend une décision, il est impossible ensuite de comprendre et d’expliquer comment et pourquoi cette décision a été prise. Comment va-t-on accepter cela ? », se demande Thierry Linder. On imagine les problématiques, notamment en matière de responsabilité civile ou pénale.

IA source d’inégalités ?

Les spécialistes qui se sont exprimés devant la délégation romande s’accordent à dire que l’on ne sera pas tous égaux face à tous ces changements. « Je n’en doutais pas vraiment, maintenant c’est encore plus clair : la transformation digitale est un rouleau compresseur qui est en marche, il va faire des heureux, c’est évident, mais également laisser des sociétés, des personnes sur la touche ».

Le virage disruptif qui arrive, basé sur les nouvelles technologies, va mettre les générations à venir en face d’un challenge de taille, celui d’adopter ces changements tout en maintenant un environnement de paix. D’où l’importance accrue de l’accompagnement de cette transformation, de manière à ce que la société au sens large puisse également en profiter. Comme l’analyse Thierry Linder, « finalement, les sujets principaux ne seront pas techniques, mais avant tout humains ».

Crédits photos : © Thierry Linder