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« Le télétravail, là où il faut, quand il le faut et avec qui il faut »

Durant presque trois mois de semi-confinement pour cause de pandémie Covid-19, nombre d’entreprises ont fait l’expérience du télétravail. Pour beaucoup, c’était une totale découverte. UDITIS a été présent pour seconder ces entreprises sur le chemin du travail à distance. De quoi aujourd’hui tirer un bilan de l’expérience avec Michel Perrin, directeur général UDITIS.

 

Comment le télétravail a occupé la société UDITIS durant cette période de semi-confinement ?

Non seulement nous avons pratiqué le télétravail dès les débuts de la crise, mais nous avons secondé pas mal de clients pour le mettre en place, en les aidant notamment à implémenter la technologie et installer le matériel nécessaire. De plus, nous avons effectué beaucoup d’accompagnement, tant la notion de travail à distance était peu naturelle pour certaines organisations. Nous avons partagé notre expérience en la matière, mais avec humilité, car le domaine évolue vite, et on doit apprendre en continu.

Selon une étude récente (gfs.berne pour syndicom), 9 employés sur 10 sont convaincus par le télétravail et 8 sur 10 aimeraient pouvoir le poursuivre à l’avenir.

C’est énorme, mais cela ne me surprend pas. Les collaborateurs ont tout à coup découvert qu’ils pouvaient travailler efficacement tout en évitant de longs trajets quotidiens et en améliorant leur qualité de vie. Ils n’y voient que des avantages.

D’un autre côté, certains dirigeants veulent à tout prix rapatrier leurs employés au bureau.

J’ai effectivement eu ce genre de retours. C’est compréhensible. Notre économie évolue dans une culture du contrôle. La plupart des managers veulent avoir leurs troupes à l’œil ! La présence des employés leur donne une perception de contrôle. Mais une perception seulement. A mon avis, l’avenir doit tendre vers une plus grande autonomisation des employés, comme nous le faisons chez UDITIS depuis quelques années. 

Les mentalités des managers doivent donc évoluer ?

Oui, d’autant que les entreprises peuvent aussi bénéficier des économies d’échelle engendrées par le travail à distance. Certaines d’entre elles l’ont bien compris et vont profiter de cette expérience forcée due au Covid pour faire évoluer leur fonctionnement en intégrant le télétravail de manière plus systématique à l’avenir, car c’est dans l’intérêt de tout le monde à l’interne.

Et chez UDITIS, comment s’est passée cette période ?

Nous étions prêts, puisque chez nous, la notion de travail à distance est intégrée à notre fonctionnement depuis des années. Notre management agile donne beaucoup de liberté aux employés qui peuvent s’organiser comme ils le souhaitent. Nous préférons voir directement avec le client s’il est satisfait de nos prestations plutôt que de « fliquer » notre personnel. Nos collaborateurs ont donc déjà l’habitude de travailler là où il faut. Mais il est vrai qu’à l’issue de cette période de semi-confinement, tout le monde avait hâte de se retrouver pour de vrai.

Justement. Le sondage cité plus haut explique que 71% des employés en télétravail ont souffert de ne pas voir leurs collègues.

Et moi le premier ! C’est évident, nous sommes des êtres sociaux qui ont besoin d’échanges, même superficiels. Les séances numériques à distance ont montré qu’on pouvait être plus précis, plus factuel et même plus efficace à distance. Mais il manquait toute la créativité, l’aide mutuelle, la force du collectif en action. Et la communication n’est plus la même.

Alors, quelle est la bonne solution ?

C’est faire du télétravail là où il faut, quand il le faut et avec qui il le faut. On ne peut pas définir de modèle rigide et uniforme. Tout dépend des métiers, des circonstances, des contraintes, des urgences et des individus. Le télétravail est une alternative qui a de nombreux avantages, mais qui doit rester un complément et pas une fin en soi. Le télétravail à 100%, je n’y crois pas.

 



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