Première partie: La genèse et les débuts

UDITIS fête ses 20 ans en 2020. Une saga racontée en plusieurs épisodes durant cette année de célébrations. Premier volet: la création de la société.

C’est le 1er mai 2000 que la société UDITIS est inscrite au registre du commerce neuchâtelois. Mais les discussions avaient commencé bien avant. En 1997, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) commence à faire des petits sous la forme de spin-offs. Des sociétés parfois importantes, comme Xemics (rachetée par SEMTECH) ou Colibrys (aujourd’hui Colibrys Safran). Finalement, pourquoi le service informatique interne ne pourrait-il pas lui aussi partir voler de ses propres ailes ? A l’époque, Michel Perrin dirige ce service. « J’ai réuni une quinzaine de personnes pour en discuter lors d’une soirée spaghettis. C’est comme ça que le projet a démarré », explique l’actuel CEO d’UDITIS.

D’abord finir les chantiers en cours

Proposition est faite ensuite au Conseil d’administration du CSEM. Il accepte que son service informatique prenne son indépendance, à condition de terminer d’abord les chantiers à l’interne, notamment toute l’installation de l’intranet. Ce qui dure presque deux ans, un temps mis aussi à profit pour peaufiner ce projet nommé « wake-up ». Celui-ci prévoit que la future entreprise continue d’assurer des services informatiques pour le CSEM ainsi que pour ses spin-offs. « C’était une situation assez confortable. Le risque était assez limité », se souvient Michel Perrin.

Accessoirement, l’objectif est aussi d’explorer d’autres secteurs de marchés. Le projet est financé par le CSEM et quatre premiers actionnaires. Ce groupe de départ se nomme IT-IS, pour Information Technology- Information Systems. Entre alors dans la danse un actionnaire supplémentaire, une société informatique alémanique nommée UDT. On mélange tout ça, et le nom de la nouvelle entité devient UDITIS. Pour son lancement, la société emploie 13 personnes. Un chiffre qui lui portera bonheur.

Une grande fête à la Rotonde

A l’été 2000 a lieu une grande fête d’inauguration à la Rotonde de Neuchâtel (actuel casino). Tout le gratin local est présent. Afin de souligner leur vision d’avenir, les fondateurs d’UDITIS donnent la parole à un surdoué du web, un gamin de 16 ans qui vient de créer sa société informatique et qui se nomme Philippe Nantermod. Aujourd’hui docteur en droit et avocat, il est aussi conseiller national valaisan et vice-président du parti libéral-radical suisse.

Filmomatic à Expo.02

Sous l’aile protectrice du CSEM, la société fait ses débuts dans la réalité du marché. « On a démarré cela avec une certaine naïveté commerciale », se souvient Michel Perrin. UDITIS doit adapter son offre au marché pour toucher autant des clients industriels qu’académiques et publics.

Et la sauce prend. Notamment auprès de différents groupes horlogers qui sont les premiers clients hors-CSEM. UDITIS participe aussi à des projets plus expérimentaux, comme le fameux Filmomatic développé en collaboration avec André Kuenzy alias l’Homme Bleu. Cette drôle de machine fabrique en une minute des flip-books sur l’arteplage neuchâtelois d’Expo.02 et lors d’autres événements.

Au bout de deux ans, le CSEM lâche ses billes, redistribuées entre les quatre actionnaires de départ, le partenaire UDT ayant quant à lui disparu corps et biens. La jeune société commence à faire son chemin, comme le relève Michel Perrin. « Durant les cinq premières années, nous avons assuré et confirmé la culture et l’ADN de l’entreprise, qui vise la pérennité de relations avec ses clients en créant un climat de confiance, à l’interne comme à l’externe. »

 

Séquence souvenir: quelques images de la journée d’inauguration à la Rotonde de Neuchâtel – IMAGES © UDITIS